Les Miettes et les Klippots

Contemporain

Fin de l'évaluation prévue le 13/10/2017

302 pages

"Ça a un goût… un goût que je ne saurais décrire ; sûrement ce qu’un morceau encore partie de l’ensemble doit goûter avant sa corruption. Je n’exclue pas un voyage long, rempli de ci de là de petits coups de langue, de légers bruits de succion et de klippots épars. Ça ne sera pas un voyage culinaire. Mais ce goût… un jeune animal vivant, derrière sa peau et ses poils, avant que ses larmes n’aient rempli la moindre goutte de jus… les gourmets vulgaires ne savent pas, ou savent si peu… ils goûtent, mangent en simulant des déglutitions remplies de gémissements… c’est pour cacher la souffrance de l’animal qu’ils avalent avec le jus de sa chair, les larmes comme la maladie d’un veau estropié dont personne ne saura le véritable goût, d’avant la corruption, la cuisson et un long processus de domestication suivi d’abattage. Cuisson du cochon déradelphe, cuisson comparée en vis-à-vis sans intrication intestinale. Cri de prière dans la cuisson, du précipité sort un cri qui est celui du cochon déradelphe qui prie et que le tzaddik repêche, les doigts constellés de miettes."
Télécharger
Retour aux manuscrits